Saint Évêché de Majunga et du Nord de Madagascar

Grand Vendredi dans l’église rénovée

Mes chers frères,

Aujourd’hui, nous nous tenons silencieux et bouleversés devant l’Épitaphios.
Le Christ gît mort.

Le Seigneur de la vie, le Créateur du monde, Celui qui a façonné l’homme, est livré à la mort.

« Voici l’Époux qui vient… »
et pourtant aujourd’hui l’Époux gît au tombeau.
Le Grand Vendredi est le jour du mystère absolu.

Le jour où l’amour atteint son point extrême. Dieu ne se contente pas d’enseigner, ne se contente pas de faire des miracles, mais s’offre lui-même en sacrifice pour le monde.

Sur la Croix, le Christ n’est pas seulement crucifié par des hommes ; il est crucifié par notre péché, par notre ingratitude, par la dureté de notre cœur.

Et pourtant, au lieu de la condamnation, il offre le pardon.
Au lieu de la colère, il offre l’amour.
Au lieu de la vengeance, il offre le salut.
« Père, pardonne-leur… »
Mes frères,

L’Épitaphios n’est pas seulement un lieu de lamentation ; c’est aussi un lieu d’espérance. Car la mort du Christ n’est pas la fin ; c’est le commencement de la victoire. C’est le passage vers la Résurrection.

Et cette vérité devient aujourd’hui vivante ici, dans
l’Évêché missionnaire de Majunga et du Nord de Madagascar.

Aujourd’hui ont été célébrés les saints offices du Grand Vendredi en ce lieu de mission,

et notre cœur est rempli d’émotion, car
le chant de l’Épitaphios a retenti dans notre sainte église.

Dans une église désormais rénovée, embellie, transformée. Une église qui ne rappelle en rien celle que nous avons découverte lorsque nous sommes arrivés ici pour la première fois, il y a un mois et demi.

Là où il y avait la dégradation, il y a maintenant l’ordre.
Là où il y avait le silence, on entend maintenant la prière.
Là où il y avait la simplicité, brille maintenant la grâce de Dieu.
Et dans ce lieu saint rénové,
les très pures Souffrances du Seigneur ont été revécues aujourd’hui.
La voix de l’Église a retenti au cœur de Madagascar.
La lamentation du Grand Vendredi est devenue la prière d’un peuple qui a soif du Christ.
Aujourd’hui la nature se tait. Aujourd’hui la terre tremble.

Aujourd’hui l’homme est appelé à avoir le cœur brisé, à se repentir, à aimer. Approchons-nous avec humilité. Prosternons-nous avec larmes. Ouvrons notre cœur, afin que le Christ mort le transforme en un lieu de vie. Car du Tombeau se lève la Vie. De la Croix naît la Résurrection.

Et alors retentira le joyeux message : la mort a été foulée aux pieds. La vie a été donnée. L’espérance s’est levée.

Amen.